ATH – Sans Substitue

Le projet se développe autour d’une exposition fictive, conçue pour l’espace d’Aperto. L’exposition tente de répondre à un ensemble de questions posées par le projet ATH.  La définition de l’acronyme ATH -Action-Testimony-Habitat- est composée de trois « moments ». Ces trois axes définissent le rythme temporel de l’exposition. L’acheminement qui a conduit le développement de cette proposition provient de ma pratique artistique personnelle liée à la performance, via ses formes variables, qui restent dans le centre de mes préoccupations plastiques.

En dehors de la problématique d’ATH même, le projet explore la question du détachement de sa propre identité nationale. La formalisation de cette proposition se compose d’une vidéo réalisée à l’occasion de l’exposition, sous forme d’auto-interview expliquant le projet, incluant des projections 3d, écrits etc.

ATH est un protocole de travail de mise en place d’une exposition, qui traite du performatif et sa trace. Il est aussi un projet d’exposition ouvert à d’autres artistes.

L’exposition se décline quant à elle selon plusieurs pièces, témoignant d’une série de performances et d’installations audio-visuelles. Celles-ci constituent des traces de trois voyages effectués en Serbie, dans les lieux que je n’ai pas visités et qui sont considérés comme des paysages uniques (Planina Tara, Delibladska Pescara et Djavola Varos).  Ces trois lieux me serviront, lors du voyage, comme support d’expérimentation, de documentation et de contemplation sur la question du détachement de l’identité nationale, sa signification, ses limites et ses problématiques.  Ce qui sera montré plastiquement de ces moments sont des archives constituées de dessins, d’écrits, une vidéo, des bandes sonores et atmosphériques, des échantillons de terre etc.

La notion de détachement de l’identité nationale, qui constitue le fond même de mon questionnement,  m’intéresse par la multitude de questions, contre-question, positions, arguments qu’elle suscite – existe-t-il en effet idée plus volatile que celle-ci ? Le point auquel je m’attache  particulièrement, au sein de cet apparent bouillonnement polémique, est le moment politico-poétique qui se crée entre les divers modes de pensées. L’attachement à l’identité nationale  provient-il d’un événement social et émotionnel fort (discours, rassemblements, manifestations, évènements commémoratifs par exemple) ? Est-il enraciné dans l’individu via les instruments d’Etat, ou par son contexte social? Y-a-t-il un lien entre le paysage et l’attachement à l’idée d’identité nationale ? Jusqu’à quel point la question de l’identité nationale est-elle un vaste champ de spéculations, de suppositions et d’inventions de discours, cousus de toutes pièces ? Quel rôle le langage/habitus et la langue jouent-ils dans l’établissement de l’identité nationale ? Suivant ces questionnements, le projet a pour but d’évoquer des recherches scientifiques et philosophiques et des les mettre au service de la création artistique et plastique.

Le sentiment national s’appuie aussi sur une idée de simultanéité à travers les mots, les mêmes mots, lus, dits, chantés, aimés simultanément par un grand nombre de personnes, à jamais inconnues de l’individu. Cette communauté existant à travers les mots n’est, somme toute, qu’une imagination pour l’individu, parfois presque réalisée dans de grandes occasions.*

*Benedict Anderson : L’imaginaire national, aux éditions La découverte, 1996-2002

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Performance filmé

Vidéo pal 4:3, durée 14′

Galerie Aperto, 2011